Duni - L'Ile des Foux

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Distribution


Jérome CORREAS, direction

Mireille LARROCHE, mise en espace

Les Paladins 

Follette : Françoise MASSET, 


Glorieuse : Aurélia LEGAY, 

Nicette : Anouschka LARA, sopranos

Fanfolin, Gouverneur de Lisle : Christophe CRAPEZ, ténor

Sordide : Jean - Loup PAGESYbaryton 

Brisefer : Franck T'HEZANténor 

 

Programme


L'Ile des Foux - 1760

Egidio Romualdo DUNI (1709 - 1775)

Comédie en deux actes


Paroles d’Anscaume, Marcouville et Bertin d’Antilly

Lorsque Duni arrive à Paris en 1757, il est tout auréolé d’un parcours sans faute en Italie : napolitain, donc composant dans le style musical le plus en vogue en Europe, et de surcroît dans sa jeunesse grand rival de ce Pergolèse dont « La servante Maîtresse »  a déclenché une polémique furieuse en France entre les tenant de la musique française et la musique italienne. 

C’est donc en sauveur que Duni est accueilli dans la capitale en proie à de violents conflits esthétiques, philosophiques et politiques, et dans une atmosphère particulièrement tendue ; compositeur à succès à Rome, à Florence, à Londres, il s’intègre très vite au milieu parisien en devenant l’ami et le fer de lance des encyclopédistes. L’enjeu de tout ce beau monde est de prouver que la langue française peut être mise en musique, en dépit des attaques de Rousseau qui clame partout que seul l’italien est propre à être chanté. 

Cest donc un italien qui va s’employer à démontrer que notre langue est musicale, qui va réaliser une heureuse synthèse entre tradition de l’opéra bouffe napolitain et tradition légère française, composant une série d’opéras comiques,c'est-à-dire d’œuvres mêlant dialogues parlés et airs chantés. Et quoi de plus inspirant pour un italien que de parler de la folie ?

Une pièce de Goldoni, «  l’Arcifanfano », rapiécée par les librettistes, va fournir un thème idéal à ce mélange des genres, et le traditionnel débat entre  raison et folie va illustrer le conflit  entre musique française et musique italienne. Interpréter aujourd’hui « L’isle des foux », c’est se replacer dans cette atmosphère résolument moderne en ce milieu de XVIIIeme siècle : on rejette la grandiloquence du grand siècle, on recherche le naturel, la simplicité de ton, et les sujets plus quotidiens. 

Poursuivant notre recherche sur le parlé -chanté et la mise en valeur du répertoire de l’opéra comique, il nous a semblé que le thème de cette pièce de Duni est tout à fait exceptionnel et propre à l’expérimentation interprétative que nous menons avec Les Paladins. Une île habitée par des fous exilés par la société, sorte de colonie pénitencière dirigée par un gouverneur qui voit sa raison vaciller à cause de l’amour, voilà un beau sujet de réflexion à la française, à la fois sérieux et superficiel. L’occasion pour le spectateur de découvrir une galerie de fous représentant tous une pathologie différente, représentée avec humour par une musique  tour à tour descriptive, extravagante, brillante, dont le but est de donner à penser en divertissant.

Qui l’emportera de la raison ou de la folie ?