"Amadigi" - Haendel

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Distribution


Direction artistique et musicale : Jérôme CORREAS

Mise en scène : Bernard LEVY

 

Amel BRAHIM-DJELLOUL, soprano – Oriana

Aurélia LEGAY, soprano - Melissa

Rodrigo FERREIRA, contre-ténor – Amadigi

Séraphine COTREZ, contralto – Dardano

 

Hugo MALPEYRE et Thomas LAPEN, comédiens

 

Orchestre Les Paladins, direction Jérôme CORREAS

 

Bernard LEVY, scénographie - Christian PINAUD, création lumières - Patrick GARBIT, création vidéo – Romain VUILLET, création vidéo-textes 

Nathalie PRATS, création costumes – Catherine SAINT-SEVER, création maquillage et coiffures

Stephen TAYLOR, assistant mise en scène - Adeline CARON, assistante scénographie – Catherine BROTTES, assistante costumes

Jean-Luc VINCENT, traduction livret - John CARROLL, construction décor

Programme


Opéra en 3 actes (1715)

Création 2019 LES PALADINS

Durée 2h20

 

Pour un metteur en scène comme pour un chef-d’orchestre, l’adéquation entre la force des personnages et celle de la musique, entre la trame et le rythme de l’œuvre, ouvre de nom­breuses perspectives. Par ailleurs, le grand nombre de situations fortes, voire extrêmes, contenues dans cet opéra élimine les instants décoratifs au profit d’une tension constante du début à la fin de l’œuvre.

 

Amadigi est aussi un opéra de la jalousie, tra­versé par la souffrance que ressentent les bourreaux, tout comme leurs victimes. Ecrit en un mois, c’est un des plus beaux opéras de Haendel, avec de nombreux airs poignants, récitatifs accompagnés, ou airs de vengeance.

Nous allons, au-delà d’une vision illustrative de ces situations très baroques (scène de prison, incantations, serment amoureux, évanouisse­ment, apparition de fantôme, transformation d’un personnage) faire vivre intensément aux quatre protagonistes ce parcours chaotique fait de dangers réels ou fantasmés, d’instants de bonheur, d’espoirs et désespoirs.

 

Tout d’abord en faisant des récitatifs - où l’action progresse et où ont lieu tous les retournements de situation - l’endroit où la voix des chanteurs se fera plus proche de la parole. Il me semble pas­sionnant d’entamer une réflexion sur l’intérêt du récitatif dans le répertoire haendélien, pour qu’il ne soit pas un passage obligé et contraignant entre deux airs, mais bien l’endroit où le carac­tère des personnages se révèle le plus. Nous tra­vaillerons avec les chanteurs sur la technique du Parlé-chanté dont le contraste avec le lyrisme des arias Da Capo sera d’autant plus saisissant.

 

Nous nous donnerons aussi la liberté, comme le fait Haendel dans Agrippina, de briser parfois le carcan de ces airs à la structure rigide, en interrompant une phrase, en faisant deviner au public certains mots-clés, ou encore en dialoguant avec les instruments concertants de l’orchestre.

 

Le troisième élément déterminant sera l’orchestre: chez Haendel, il est le grand partenaire de chaque personnage, et lui apporte couleur et énergie. Le compositeur a privilégié dans Amadigi l’em­ploi des instruments à vent. Quant aux cordes, elles sont souvent utilisées en unissons rapides et percutants, pour montrer le torrent d’émotions ou de violence qui se dégage d’un personnage.

 

Amadigi de Haendel est ma première collabo­ration avec Bernard Levy. Je lui ai proposé ce titre car sa grande culture théâtrale et son exi­gence en matière de travail d’acteur vont affiner et enrichir notre recherche sur le genre si difficile de l’Opera seria, dans un esprit contemporain. Quand il parle de Shakespeare et de Marivaux ou encore de cinéma à propos d’Amadigi, c’est toute une galerie de personnages et d’univers avec leurs sons et leurs images qui débarquent dans le monde haendelien, lui offrant leur ri­chesse et leur inspiration en ouvrant de nouvelles et vastes perspectives à notre projet.

 

Enfin, l’emploi de la vidéo me semble être la réponse privilégiée au genre que nous abor­dons : comment traduire mieux aujourd’hui les exigences de l’opéra machine où règne le Merveilleux qu’avec les moyens illimi­tés de l’image ? Tout est possible avec la vi­déo : montrer, mais aussi suggérer, et emme­ner le spectateur dans des univers parallèles.

 

Tout le propos de l’opéra baroque, en quelque sorte…

 

Jérôme Correas


Spectacle créé le 12 janvier 2019 au Théâtre-Sénart, Scène Nationale

Production : Les Paladins

Coproduction : Théâtre-Sénart, Scène Nationale – Centre des Bords de Marne, Le Perreux sur Marne – Opéra de Massy – Cie Lire aux Eclats

Avec le soutien de : Conseil Régional d’Ile-de-France – ARCADI Ile-de-France (aide à la production et à la diffusion) – ADAMI (dans le cadre du dispositif 365) – La Fondation Singer-Polignac